François Bayrou a par ailleurs affirmé que "les accusations" du président Nicolas Sarkozy contre l'Agence France-presse (AFP) "n'étaient pas fondées". " L'AFP est un atout pour l'information en France. Je le dis pour l'avoir expérimenté", a affirmé M.Bayrou. Il a expliqué que, pendant la campagne en vue de de l'élection présidentielle, les candidats, "quelle que soit leur étiquette, tous ceux qui n'étaient pas favoris, trouvaient dans l'AFP un lieu de confiance".
M. Bayrou a cependant admis avoir lui-même "passé un ou deux coups de fil, dans des moments de tension", à la direction de l'AFP. La semaine dernière, lors d'une réception à huis clos des députés UMP à l'Elysée, Nicolas Sarkozy s'en était pris à plusieurs médias, et avait accusé, selon plusieurs participants, le Parisien, l'Express et l'AFP de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation Mme Royal, son adversaire en 2007. De son côté, l'UMP avait accusé l'AFP de "censure" pour n'avoir pas diffusé un de ses communiqués.
D'autre part, faisant allusion à la demande formulée samedi par le président Nicolas Sarkozy que "la traite des noirs, l'esclavage ainsi que leur abolition" soient inscrits dans les programmes de l'enseignement primaire dès la prochaine rentrée scolaire ou encore à la suggestion du chef de l'Etat, en février dernier, que les élèves de CM2 portent "la mémoire d'un enfant de la shoah", François Bayrou a déclaré "Ce n'est pas au président de la République, à chaque fois qu'il y a de l'émotion, de changer les programmes scolaires. Ce n'est pas de sa responsabilité".
Selon François Bayrou, le président "peut suggérer, demander, mais cette décision souveraine qui consiste à dire +à partir de la rentrée prochaine, je décide qu'on étudiera ça et ça+, pour moi, c'est de l'abus de pouvoir". "Le président de la République n'a pas tous les pouvoirs en France et en particulier, de changer les programmes (scolaires). Aujourd'hui, c'est Nicolas Sarkozy, demain ce pourrait être quelqu'un d'autre, avec de toutes autres opinions et des opinions condamnables", a-t-il fait valoir. "Dans un pays comme le nôtre, de séparation des pouvoirs, le président de la République ne peut pas décider tout seul (...) C'est le fait du prince, on fait comme si le fait du prince était normal. Eh bien, pour moi, même sur un sujet parfaitement justifié, le fait du prince n'est pas normal", a-t-il insisté.
Il a également fait remarquer que la question de l'esclavage était "dans les programmes depuis des années".
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